Douglas Kennedy : "Le bonheur est un défi"

Entre Nice et Biarritz, après les bancs du Lycée Montaigne pour une conférence, un retour express à Paris, l'auteur américain Douglas Kennedy s'est arrêté mercredi 18 juin 2014 au Centre culturel de Léon pour rencontrer un public impressionné. Véritable marathon que la promotion de son dernier ouvrage « Murmurer à l'oreille des femmes », mais une cavalcade qui n'est pas pour déplaire à cet homme qui a l'habitude de courir entre le Maine, Dublin et Paris, ce voyageur aux 56 pays. Marathon littéraire également puisque, à peine remis entre les mains de son éditeur Belfond son prochain manuscrit , il songe déjà au suivant dont il jettera les bases lors de ses vacances en Italie.

Ce moment de la promotion est toujours très délicat pour lui : après les mois de solitude, à noircir 2 à 12 pages par jour, habité par le doute et sachant le succès fragile, il faut livrer le manuscrit et attendre le verdict des lecteurs. Et pourtant, depuis 20 ans, un succès sur lequel il n'aurait jamais parié est au rendez-vous.

 

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Chez Kennedy, écriture rime avec architecture : on assemble d'abord 2 cubes, puis tout s'emboîte dans une alchimie mystérieuse. Un premier jet parfois d'un millier de pages, puis des coupes et la complicité avec le traducteur, indispensable.

Pendant 2 ans pour un roman, ou quelques jours pour une nouvelle, le corps à corps entre l'écrivain et son texte est sensuel puisque Douglas Kennedy parle de « mariage ». Pour ce nouvel exercice de style, la nouvelle, il dit avoir observé la technique de Tchekhov le maître russe du genre, mais aussi celle de Maupassant ou bien Scott Fitzgerald. Peut-être « Les histoires de Pat Hobby » ou « Les enfants du jazz » pour cet amoureux du cinéma et de la musique ? Il envie tout autant Simenon, capable d'écrire 2 romans par mois, que Flaubert travaillant sur « Madame Bovary » pendant 5 ans. Il s'emploie toujours à faire des villes qu'il affectionne (New-York, Paris, Londres, Dublin, Berlin) les paysages de ses livres.
Eternel flâneur, « voleur de vie », Douglas Kennedy sait que la tragédie est au coeur du quotidien. Ensuite, à chacun de cultiver le malheur ou d'en faire un tremplin pour rebondir : lui, a choisi le tremplin de l'écriture et c'est de pied ferme que nous attendons son prochain opus, sorti des sables et intitulé « Mirages ».

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