Le livre dans le développement du langage du tout-petit

Nous avons rencontré Evelio Cabrejo-Parra ce jeudi 23 mai 2019, invité par l’association « Lire sur la vague » dans le cadre du 5ème Festival du livre jeunesse d’Hossegor.

Psychanalyste, linguiste, il est vice-président d’ACCES (Actions culturelles contre les exclusions et les ségrégations). Sa conférence « Le livre dans le développement du langage du tout-petit » était animée par Nathalie Brisac.

Après un hommage appuyé à Jean Delas, fondateur de la prestigieuse maison d’édition L’école des loisirs, pour la qualité des albums édités, de ses auteurs et illustrateurs, il nous a expliqué comment se construit le langage chez le bébé et l’importance du livre et des histoires.

" La langue orale se transmet mais ne s’apprend pas "

Avant et après la naissance, le langage est en mouvement, un assemblage naturel. Le bébé perçoit la voix de sa mère et peu à peu distingue les autres voix autour de lui et commence à constituer sa pensée et à créer du sens. Si le bébé n’écoute pas des histoires avec les intonations, la musique des mots, les expressions du visage de la personne qui lit, il ne pourra pas construire sa propre voix et aller vers les autres. Le langage permet de se parler à soi-même.

En s’appuyant sur le magnifique album « Bébés chouettes » de Martin Wadell à l’Ecole des loisirs, il nous explique que par cette lecture, l’enfant comprend que la personne qui s’occupe de lui est encore présente même s’il ne la voit pas : le rythme de l’histoire et la structure du temps lui donnent les clés pour se réguler de façon autonome mentalement.

Le babillage correspond à des moments de bien-être, c’est une musique partagée essentielle. Pour apprendre la voix, il faut de la matière. Les albums jeunesse sont à privilégier. La langue orale n’est pas la même que la langue écrite, d’une richesse inégalée (poésie, polyphonie, couleur, sensorialité, beauté du passé simple utilisé dans les histoires…). Il n’est pas indispensable que l’enfant comprenne quand on lit ou quand on lui montre des images et c’est une erreur de chercher à lui faciliter la compréhension.

Il faut porter les enfants vers le haut et leur faire connaître la richesse et la beauté de notre langue, le vocabulaire qui va les aider à préciser leur pensée. L’enfant construit du sens qui sera différent de celui de l’adulte ou d’un autre enfant avec son propre imaginaire. Cela se joue au sein des familles, avec de fait, des inégalités sociales si le livre n'est pas présent.

Pour aller plus loin, Video Youtube conférence d'Evelio Cabrejo Parra

 

A emprunter dans le réseau des médiathèques 

 

 

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