Celui qu'on appelait "Daddy" (papa) est mort le 17 février 2021. Rendons hommage au père de tous les tchatcheurs ou presque, le parrain des deejays et des rappeurs de part le monde : le grand U-Roy !

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Certes U-Roy n'est pas le premier tchatcheur jamaïcain, mais il est bien celui qui a popularisé ce style à la fois en sound system et sur disque ! Notre homme est né dans le taudis de Jones Town le 21 septembre 1942, un bidonville de Kingston, capitale de la Jamaïque. Son vrai nom : Ewart Beckford mais il faut attendre les années 60 pour qu'il prenne son nom de scène : U-Roy.

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Sa carrière musicale commence en 1961 quand il devient DJ de différents sound systems : c'est lui qui va animer avec sa voix et ambiancer la danse avec toutes sortes d'onomatopées, d'interjections et de phrases qu'il place en introduction, en fin de disque, ou carrément pendant le disque.

 

 

En Jamaïque, le DJ est le disc jokey qui chevauche la musique avec son micro. Le selector, lui, s'occupe de faire tourner les 45T sur la platine (ce n'est qu'à partir du milieu des années soixantes que les disco mobiles jamaïcaines, les sound systems, vont s'équiper de mixettes qui leur permettront d'enchainer les disques avec deux platines vinyles). Il bidouille le son, rajoute des effets sonores selon le matériel dont il dispose.

Celui qu'on appelait "Daddy" (papa) est mort le 17 février 2021. Rendons hommage au père de tous les tchatcheurs ou presque, le parrain des deejays et des rappeurs de part le monde : le grand U-Roy !

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Certes U-Roy n'est pas le premier tchatcheur jamaïcain, mais il est bien celui qui a popularisé ce style à la fois en sound system et sur disque ! Notre homme est né dans le taudis de Jones Town le 21 septembre 1942, un bidonville de Kingston, capitale de la Jamaïque. Son vrai nom : Ewart Beckford mais il faut attendre les années 60 pour qu'il prenne son nom de scène : U-Roy.

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Sa carrière musicale commence en 1961 quand il devient DJ de différents sound systems : c'est lui qui va animer avec sa voix et ambiancer la danse avec toutes sortes d'onomatopées, d'interjections et de phrases qu'il place en introduction, en fin de disque, ou carrément pendant le disque.

 

 

En Jamaïque, le DJ est le disc jokey qui chevauche la musique avec son micro. Le selector, lui, s'occupe de faire tourner les 45T sur la platine (ce n'est qu'à partir du milieu des années soixantes que les disco mobiles jamaïcaines, les sound systems, vont s'équiper de mixettes qui leur permettront d'enchainer les disques avec deux platines vinyles). Il bidouille le son, rajoute des effets sonores selon le matériel dont il dispose.

U-Roy influence sur la culture hip hop

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C'est cette culture de sound systems que le jeune jamaïcain Clive Campbell d'une dizaine d'année aura dans ses valises lorsque ses parents s'installe dans le Bronx, New York City, à la fin des années 60. Au début de la décennie suivante, Clive prend le pseudonyme de Kool Herc et devient le premier organisateur de block parties, dans Cedar Park, avec son sound system baptisé Herculoids.

 

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Comme en Jamaïque, son sound comprend une paire de platines vinyles reliées à une table de mixage connectée à un amplificateur et de deux grandes colonnes de haut-parleurs. DJ Kool Herc (dans ce cas là, le terme DJ signifie celui qui passe les disques !) débute généralement ses soirées avec le titre Apache de l'Incredible Bongo Band, et joue de la funk et de la soul (James Brown, Jimmy Castor Bunch, Booker T & The MG's...).

 

Kool Herc, fan de U-Roy, invitera différents ambianceurs pour animer ses soirées au micro. Se mit alors en place petit à petit des "battles", des concours des meilleurs tchatcheurs lors des block party de Kool Herc dont la transposition des sound systems jamaïcains aux USA fit éclore le mouvement musical hip hop et inspirera bien vite de nouveaux venus comme le futur DJ Grandmaster Flash par exemple.

U-Roy et ses premiers disques

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U-Roy est également connu sous les pseudonymes The Originator, Hugh Roy ou encore Daddy U Roy. Ce deejay reggae jamaïcain innove au début des années 60 en "toastant" (en tchatchant) sur des titres populaires dans les sound systems jamaïcains. Son style fut une grosse influence pour les premiers rappeurs américains. U-Roy fut lui-même influencé par Count Matchuki, un des pionniers qui travailla notamment avec le sound system de Coxsone (producteur du label Studio One). Adolescent U-Roy fait le mur pour se rendre dans les dancehalls (bals) des sound systems de Duke Reid, Coxsone, Tom the Great Sebastian, Knicks the Champion, King Edwards...

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U-Roy est un des premiers DJ jamaïcains à enregistrer des disques (après Sir Lord Comic et King Stitt). Son premier 45 tours Dynamic Fashion sort en 1969. A cette époque, on est dans une période de transition musicale en Jamaïque, entre le rock steady (soul jamaïcaine) et le reggae, un style qu'on appelle early reggae, très funky. Il travaille par la suite avec les producteurs Lee Perry, Peter Tosh, Bunny Lee et Lloyd Daley.

 

Puis il intègre rapidement le sound system de King Tubby, ingénieur du son qui se fera connaître par le dub et ses expérimentations en studio. King Tubby avait l'habitude de passer des disques du label Treasure Isle du producteur Duke Reid en soirée. Un jour, le chanteur des Paragons, John Holt, passe au sound, repère U-Roy et le recommande auprès de Duke Reid. U-Roy lui confie alors l'exclusivité de ses enregistrement. Les disques de U-Roy commence à se vendre comme des petits pains. Sortent alors une série de singles historiques : Wake the Town, Wear You to the Ball et Rule the Nation. U-Roy placera 5 chansons N° 1 dans les charts jamaïcains en 1970 !!!

les années 70

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Au début des années 70, U-Roy gagne enfin sa vie. On le veut sur scène et en studio, on se l'arrache ! C'est le premier DJ à cartonner en Jamaïque et bientôt à l'international. Il crée son propre label de disques, Mego-Ann, sur lequel il va sortir une poignée de 45 tours personnels entre 1971 et 1972, enregistre Slim Smith, mais il abandonnera rapidement cette voie.

 

 

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U-Roy va signer sur le label Virgin Front Line au milieu des années soixante-dix pour une série de quatre albums reggae roots. Au tournant des années 74/75, beaucoup de rastas sont dans le milieu musical jamaïcain et le reggae se tourne vers le rastafarisme peu à peu. U-Roy est dans cette mouvance et ses disques s'imprègnent de messages rasta, de retour à la mère patrie l'Afrique, de fierté noire.

 

Il sort chez Virgin en 1975 Dread in a Babylon avec le succès du titre éponyme, mais aussi de Chalice in the place, de African message ou encore de sa version de Trench Town rock. L'année suivante c'est au tour du disque Natty Rebel de voir le jour suivi de Rasta Ambassador en 1977 avec une nouvelle version de son classique Wear You To The Ball. Un an plus tard, Virgin publie Jah Son Of Africa, un album reggae où l'artiste radicalise son discours avec des chansons comme Africa For The Africans...

Une aura locale et internationale

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Ces quatre albums sont les piliers du succès international de U-Roy qui tourne régulièrement hors de son île natale désormais. U Roy est le premier artiste DJ à avoir réalisé des tubes. Il est à l'origine de l'explosion du style deejay dans les années 1970. Ce sont dans ses pas que marcheront bientôt de jeunes deejays comme Prince Jazzbo, I Roy, Big Youth, Dennis Alcapone, Prince Far I, Dillinger, U-Brown, Trinity...

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U-Roy crée son sound system King Stur Gav Hi-Fi qui deviendra important sur la scène locale, tourné vers les jeunes talents qui deviendront des artistes reconnus comme Admiral Bailey, Ranking Joe, Josey Wales, Charlie Chaplin... Ces deux derniers DJ's ayant eu le plus de succès dans les soirées et sur disques. Inspector Willie faisait office de selecteur.

 

U-Roy est une star incontournable au même titre que Bob Marley, Burning Spear, Culture ou les Gladiators. Le style deejay reggae qu'il a développé est considéré comme la base du rap vocal qui fleurit aux USA. Et les années 70 sont l'âge d'or de sa longue carrière musicale.

années 80, 90 et 2000's

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Au début des années 80, U-Roy prend du recul et espace ses enregistrements. Il commence à en avoir marre de suivre les modes musicales de son île en pleine période rub-a-dub. De même avec le early digital, il apprécie peu l'arrivée des machines lui qui est familiarisé au travail avec des musiciens. Pourtant le style deejay devient dominant dans le reggae des années 1980. U-Roy se sent en décalage avec les attentes de la jeunesse jamaïcaine et préfère laisser la place à la relève. Il restera désormais dans son style reggae roots. Du coup, des artistes comme Althea & Donna, Michigan & Smiley, Jah Thomas, Prince Mohammed, Toyan, Lone Ranger, Eek-a-Mouse ou Yellowman deviennent les DJ's stars en Jamaïque.

 

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A partir des quatre disques précités sortis sur Front Line, avec des extraits de ces derniers complétés par des 45 tours et des maxi 45 tours des années 70, Virgin sortira différentes compilations de U-Roy intitulée Version of wisdom (1990), Natty Rebel - Extra version (1991) et Original DJ en 1995. Cela relancera d'ailleurs sa carrière dans ces années là et fera découvrir notre artiste à un nouveau public.

 

Toujours dans les 90's, il collabore avec Mad Professor et son label anglais Ariwa sur les albums True Born African (1991) et Smile Awhile (1993), collaboration renouvelée en 2018 pour le disque Talking Roots. La décennie des 2000 le voit travailler avec le label français Tabou 1 dont les disques Serious Matter (2000) et Now (2001). En 2021 sort son album posthume Solid Gold avec la participation de Shaggy, Ziggy Marley et Mick Jones (ancien The Clash).

 

discographie

Outre ses nombreux disques personnels à partir des années 70, U-Roy est présent sur de nombreuses compilations (vu les centaines de 45T réalisés) ou invité sur les disques d'artistes amis. Nous vous proposons ici une sélection à retrouver dans les bacs de vos médiathèques, sans oublier la dizaine d'albums et la vingtaine de compilations disponibles dans votre médiathèque numérique.

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