Le Tripode Editions

 Le Tripode est né durant l’été 2013 de la scission des anciennes éditions Attila en deux entités indépendantes : Le Tripode et Le Nouvel Attila. Son catalogue reprend pour partie celui des éditions Attila, chaque auteur s'étant vu proposer de rejoindre la maison de son choix. Aujourd'hui, la maison d'édition propose un catalogue riche tant en littérature francophone qu'étrangère.

Lorsque, au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on demanda à Francis Ponge pourquoi il avait préféré écrire sur une forêt (Le Carnet du bois des pins, éd. Mermod, 1947) au lieu de rédiger comme les autres poètes des manifestes sur la Liberté, il répondit, tranquillement, que son ambition était de concevoir des bombes à retardement, et non des mitraillettes.

Le Tripode reprend pour lui cet état d’esprit. Depuis ses débuts, la maison d'édition est au service d'auteurs dont elle admire la seule liberté possible : privilégier la sensibilité aux doctrines, le cheminement dissident de l’imaginaire à l'immédiateté du discours. Le lyrisme de Jacques Abeille, l'exigence de Robert Alexis, l’irrévérence d’Edgar Hilsenrath, l’iconoclasme d’Andrus Kivirähk, l'espièglerie de Jacques Roubaud, la virtuosité de Juan José Saer, le désir sans limite de Goliarda Sapienza, la rigueur de Jonathan Wable, la lucidité de Louis Wolfson ou encore la fantaisie de Fabienne Yvert ... voici quelques-uns des regards qui, de façon salutaire, nous sortent de la marche ordinaire du monde.

Le tripode (« trois pieds » en grec) est un symbole de stabilité : trois pieds trouvent toujours un équilibre. Une chaise ou une table à quatre pieds peuvent être bancales, un trépied jamais. Cela ne tient pas de la magie mais de la géométrie euclidienne : trois points non alignés forment à coup sûr un plan.

Ce nom rappelle les fondations sur lesquelles repose la maison d'édition – les littératures, les arts et les ovnis – et taquine les esprits cartésiens : associer un nom pareil avec un logo qui tient du cercle et du carré…

En littérature, tripode est le nom des soucoupes volantes dans La Guerre des mondes mais aussi celui qu’Alfred Jarry avait donné au cabanon sur pilotis qu’il s’était construit en bord de Seine, à Corbeil, et dans lequel il se reposait quand il en avait assez de Paris.

 

 

De superbes textes à déguster :

 

urbs

 

Treize personnages, dont l’auteur, forment une conspiration pour réfléchir aux moyens de faire dérailler notre société éteinte. En treize chapitres, treize solutions vont être étudiées.

 Hommage au tryptique de Balzac qui forme L’Histoire des Treize, Urbs débat de la modernité et de la ville, d’amitié, de disparition et de l’idée de vérité en littérature. L’auteur le définit comme un roman picaresque. Et de fait : attrait pour la sédition, subjectivité assumée, avidité pour le réel et sens prononcé de l’absurdité du monde donnent à ce texte tout son panache.

 

 

lhomme qui savait la langue des serpents

 

Voici l'histoire du dernier des hommes qui parlait la langue des serpents, de sa sœur qui tomba amoureuse d’un ours, de sa mère qui rôtissait compulsivement des élans, de son grand-père qui guerroyait sans jambes, d’une paysanne qui rêvait d’un loup-garou, d’un vieil homme qui chassait les vents, d’une salamandre qui volait dans les airs, d’australopithèques qui élevaient des poux géants, d’un poisson titanesque las de ce monde et de chevaliers teutons épouvantés par tout ce qui précède... Peuplé de personnages étonnants, empreint deréalisme magique et d’un souffle inspiré des sagas scandinaves, un roman à l’humour et à l’imagination délirants

  Prix de l'Imaginaire 2014 du roman étranger

 

 nuit pagespeedResté occulté en Allemagne près de 20 ans, Nuitest aujourd’hui considéré comme le chef d’œuvre d’Edgar Hilsenrath.
C’est la nuit permanente sur le ghetto de Prokov. Au fil des jours, dans un décor apocalyptique, Ranek lutte pour sa survie. Réduits à des ombres, comme  s’ils n’avaient plus ni âme ni corps, les personnages baignent dans le brouillard. Pourtant surnagent encore des éléments de vie : les scènes d’amour  hâtives, de solidarité ou de naissances au milieu du ghetto montrent que, même à la frontière de l’humanité, l’humanité demeure.
Les scènes de la vie quotidienne, décrites comme à travers une loupe, sont tellement précises qu’elles confinent à l’absurde. Cauchemars et fantasmes naissent d’un regard microscopique sur les choses, traduit dans un style mécanique, concis, halluciné, presque cinématographique.
Hilsenrath s’est inspiré pour Nuit de sa propre histoire, et du ghetto ukrainien où il a passé quatre ans entre 1941 et 1945. C’est d’ailleurs la genèse de ce livre, qu’il a réécrit vingt fois entre 1947 et 1958, qui est racontée dans Fuck America. 

 

lancetrePeu de livres donnent au lecteur l’impression, dès les premières pages, d’être confronté à un chef d’œuvre absolu. L’Ancêtre, de Juan José Saer, appartient à cette catégorie. « De ces rivages vides il m’est surtout resté l’abondance de ciel. Plus d’une fois je me suis senti infime sous ce bleu dilaté : nous étions, sur la plage jaune, comme des fourmis au centre d’un désert. Et si, maintenant que je suis un vieil homme, je passe mes jours dans les villes, c’est que la vie y est horizontale, que les villes cachent le ciel. » 

Le roman est inspiré d’une histoire réelle. En 1515, un corps expéditionnaire de trois navires quitte l’Espagne en direction du Rio de la Plata, vaste estuaire à la conjonction des fleuves Parana et Uruguay. Mais, à peine débarqués à terre, le capitaine et les quelques hommes qui l’accompagnent sont massacrés par des Indiens. Un seul en réchappe, le mousse : fait prisonnier, accueilli dans la tribu de ses assaillants, il n’est rendu à son monde que dix ans plus tard, à l’occasion d’une autre expédition naviguant dans ces eaux. De ce fait historique Juan José tire une fable universelle qui interroge le sens des destinées humaines et le pouvoir du langage. Arrivé à la fin de sa vie, le mousse se souvient comment, soixante ans plus tôt, il a été amené pendant toutes ces années à partager l’existence d’une tribu d’hommes anthropophages au point de bouleverser sa vision du monde...

Une fable étonnante, un chef-d’œuvre de littérature et de traduction.

 

anguille sous rocheQuelque part dans l’océan Indien, une jeune femme se noie. Ses forces l’abandonnent mais sa pensée, tel un animal sur le point de mourir, se cambre : dans un ultime sursaut de vie et de révolte, la naufragée nous entraîne dans le récit de sa vie...

Roman aussi étourdissant qu'envoûtant, qui n'est pas sans rappeler L'Art de la joie de Goliarda Sapienza par la beauté de son héroïne et la force de sa langue, Anguille sous roche est un miracle littéraire

 

 Prix Senghor du 1er roman francophone et francophile (2016), la Mention Spéciale du jury du Prix Wepler (2016), le Prix des Rencontres à Lire de Dax (2017), le Prix Mandela de Littérature (International).

 

voyage du fils

Au milieu des années 70, à la manière d'un rêve, Jacques Abeille s'engageait dans l'exploration d'un monde imaginaire en écrivant un roman : Les Jardins statuaires. Depuis, de livre en livre, s'élabore l'univers extraordinaire des Contrées, avec ses règles et ses fantasmagories.

 

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