Jolies ténèbres

La réédition de l'album « Jolies ténèbres » est une belle surprise pour les amateurs de contes noirs et cruels.

Surtout, ne vous laissez pas tromper par la couverture au graphisme tout en légèreté enfantine rehaussé de couleurs aquarellées... Ce petit bijou de la bande dessinée crée le malaise dès cette illustration : quelle est cette jeune fille à la robe couverte de poids bleus s'appuyant négligemment sur une grande main verdâtre prenant la couleur de la végétation ?
Cette jeune fille, Aurore, est le pivot de ce récit. Elle évolue avec d'autres créatures minuscules au cœur d'une forêt et, plus précisément, en interaction avec le cadavre d'une fillette en train de se décomposer au fil des saisons. Dérangeant avons-nous dit ?
Cette petite communauté de l'invisible reflète la société actuelle, avec Zélie, la poupée blonde et cruelle, Timothée, la brune filiforme et effacée, Hector, le petit prince imbu de lui-même, Jane, la grande rousse autoritaire et sûre d'elle et Plim au visage de Playmobil déshumanisé et sans empathie... Ne s'attacher à personne, la vie est ainsi faite, que l'on disparaît en un claquement de doigt et rien n'est plus vrai qu'avec ce conte cruel, qui pourrait ne pas dépareiller avec la filmographie de Tim Burton.
Les dessinateurs Sébastien Cosset et Marie Pommepuy alias « Kerascoët », signent avec le scénariste Fabien Vehlmann, une pépite de noirceur à ne pas ranger par mégarde dans le fonds enfant... Et puis, pourquoi pas après tout !

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