Non épargnée par ces représentations arbitraires qui enferment filles et garçons dans des rôles, la BD jeunesse nous réserve cependant des surprises en tous genres !


Des stéréotypes bien "encrés".

En BD jeunesse, on retrouve une longue tradition de héros majoritairement masculins auxquels on attribue force, drôlerie, courage, esprit aventureux, ingéniosité… Les personnages féminins sont pour leur part le plus souvent cantonnés au second rôle et n’existent que dans leur relation au héros : victime sauvée, faire-valoir, accompagnatrice bienveillante... Dans d’autres cas, ce sont des fauteurs de troubles comme La Castiafiore et Peggy Alcazar dans Tintin ou encore Bonemine la femme du chef du village dans Astérix et Obélix. 

La schtroumpfette de Peyo - Dupuis, 1967

Un exemple très parlant est celui des Schtroumpfs, une communauté masculine dont l’harmonie va être perturbée par l’arrivée de la Schtroumpfette créée par Gargamel.

Voici les ingrédients de sa potion : « Un brin de coquetterie… Une solide couche de parti pris… Trois larmes de crocodile… Une cervelle de linotte… De la poudre de langue de vipère… Un carat de rouerie… Une poignée de colère… Un doigt de tissu de mensonge, cousu de fil blanc, bien sûr… Un boisseau de gourmandise… Un quarteron de mauvaise foi… Un dé d’inconscience… Un trait d’orgueil… Une pinte d’envie… Un zeste de sensiblerie… Une part de sottise et une part de ruse, beaucoup d’esprit volatil et beaucoup d’obstination… Une chandelle brûlée par les deux bouts… » (Peyo, La Schtroumpfette, 1967).

 

Dans sa tribune The smurfette principle du New York Times paru en 1991, la poète et essayiste Katha Pollitt parlera de syndrome de la schtroumpfette pour nommer les œuvres culturelles qui représentent un groupe de garçons au sein duquel évolue une fille seule, stéréotypée et définie par son seul genre : « Les garçons sont la norme, les filles la variation ; les garçons sont centraux quand les filles sont à la périphérie ; les garçons sont des individus alors que les filles sont des stéréotypes. Les garçons définissent le groupe, son histoire et son code de valeurs. Les filles existent seulement dans leur relation aux garçons. ».


La BD jeunesse attribue des caractéristiques à ses personnages selon leur genre et les enferme dans des rôles, et il est autant difficile pour les filles de se façonner un destin d’héroïne que pour les garçons de sortir de ce modèle masculin.
Fort heureusement, la BD jeunesse évolue et nous montre que d’autres représentations du féminin et du masculin sont possibles.

 

Non épargnée par ces représentations arbitraires qui enferment filles et garçons dans des rôles, la BD jeunesse nous réserve cependant des surprises en tous genres !


Des stéréotypes bien "encrés".

En BD jeunesse, on retrouve une longue tradition de héros majoritairement masculins auxquels on attribue force, drôlerie, courage, esprit aventureux, ingéniosité… Les personnages féminins sont pour leur part le plus souvent cantonnés au second rôle et n’existent que dans leur relation au héros : victime sauvée, faire-valoir, accompagnatrice bienveillante... Dans d’autres cas, ce sont des fauteurs de troubles comme La Castiafiore et Peggy Alcazar dans Tintin ou encore Bonemine la femme du chef du village dans Astérix et Obélix. 

La schtroumpfette de Peyo - Dupuis, 1967

Un exemple très parlant est celui des Schtroumpfs, une communauté masculine dont l’harmonie va être perturbée par l’arrivée de la Schtroumpfette créée par Gargamel.

Voici les ingrédients de sa potion : « Un brin de coquetterie… Une solide couche de parti pris… Trois larmes de crocodile… Une cervelle de linotte… De la poudre de langue de vipère… Un carat de rouerie… Une poignée de colère… Un doigt de tissu de mensonge, cousu de fil blanc, bien sûr… Un boisseau de gourmandise… Un quarteron de mauvaise foi… Un dé d’inconscience… Un trait d’orgueil… Une pinte d’envie… Un zeste de sensiblerie… Une part de sottise et une part de ruse, beaucoup d’esprit volatil et beaucoup d’obstination… Une chandelle brûlée par les deux bouts… » (Peyo, La Schtroumpfette, 1967).

 

Dans sa tribune The smurfette principle du New York Times paru en 1991, la poète et essayiste Katha Pollitt parlera de syndrome de la schtroumpfette pour nommer les œuvres culturelles qui représentent un groupe de garçons au sein duquel évolue une fille seule, stéréotypée et définie par son seul genre : « Les garçons sont la norme, les filles la variation ; les garçons sont centraux quand les filles sont à la périphérie ; les garçons sont des individus alors que les filles sont des stéréotypes. Les garçons définissent le groupe, son histoire et son code de valeurs. Les filles existent seulement dans leur relation aux garçons. ».


La BD jeunesse attribue des caractéristiques à ses personnages selon leur genre et les enferme dans des rôles, et il est autant difficile pour les filles de se façonner un destin d’héroïne que pour les garçons de sortir de ce modèle masculin.
Fort heureusement, la BD jeunesse évolue et nous montre que d’autres représentations du féminin et du masculin sont possibles.

 

Les héroïnes débarquent !

Aujourd’hui, les héroïnes sont davantage présentes dans le paysage éditorial. A l’instar de ces héroïnes emblématiques comme Yoko Tsuno, Mafalda ou Marion Duval, elles s’affranchissent des stéréotypes et prennent leur destin en main. Elles ne sont plus seulement douces, vulnérables ou amoureuses mais elles sont aussi drôles, indépendantes, courageuses, aventurières, guerrières, philosophes…

 

Les héroïnes sont plus nombreuses, toutes différentes (couleur de cheveux, de peau, corps, personnalité, milieu social, style vestimentaire, nationalité...) et évoluent dans des univers variés. Elles offrent ainsi aux jeunes lecteurs, filles ou garçons, une diversité de personnages féminins auxquels ils peuvent s’identifier. Ces modèles d’identification, support à l’imitation, ont toute leur importance car ils permettent à l’enfant de se construire en lui laissant le choix de devenir qui il veut.


Nous vous proposons de (re)découvrir des héroïnes actuelles dans cette sélection de BD jeunesse :

OPAC Sélection de notices

Des BD pour sortir des clichés.

N’avez-vous jamais entendu que : « les garçons sont forts, courageux et ambitieux, ne pleurent pas, sont bagarreurs et aiment le bricolage, le foot et les voitures… » ? Tandis que : « les filles sont douces, calmes et fragiles, aiment la danse et les histoires de princesses, jouent à la poupée et à la dinette… » ? Que : « le bleu c’est pour les garçons et le rose pour les filles » ?

Ces quelques constats sont en réalité des injonctions de genre faites aux enfants dès leur plus jeune âge sur comment doit être une fille et comment doit être un garçon. Mais comment faire lorsque l’on ne se reconnaît pas dans ces définitions ?


Voici 5 BD avec des héros et des héroïnes qui bousculent les clichés et parviennent avant tout à être eux-mêmes :

Bichon - Tome 1 de David Gilson

Le garçon sorcière - Tome 1 de Molly Ostertag

Princesse princesse de Katie O'NeillDad : Filles à papa - Tome 1 de Nob

Le prince et la couturière de Jen Wang

 

 

 

 

 

 

 

 

Aborder la question du genre avec les enfants.


Petit Poilu : L’expérience extraordinaire - Tome 15 de Pierre Bailly et Céline Fraipont - Dupuis, 2014Petit Poilu : L’expérience extraordinaire - Tome 15 de Pierre Bailly et Céline Fraipont - Dupuis, 2014

Les bras mécaniques, Tchak‐Tchak et Kling‐Kling, actionnés par Miss Divine présentent aux enfants des jouets de toutes sortes. Lorsque Petit Poilu et la petite Ève s'emparent des jouets correspondant à leur sexe, tout va bien, Miss Divine est aux anges ! Mais lorsque Petit Poilu s'empare d'un bébé au couffin rose et que la petite Ève s'émerveille devant une belle voiture rouge, Miss Divine se transforme en un véritable démon ! Et la savante contrariée va dès lors mettre en place son expérience extraordinaire.... 
« Je joue à ce que j’aime ! ». Peu importe le genre du jouet sur lequel se porte le choix d’un enfant. Qu’il soit une fille ou un garçon, le principal est qu’il s’amuse. Tout simplement ! 
Une BD sans parole à partir de 3 ans.

 

Bonjour Madame ! de Delphine Rieu, Julie Gore et Nicolas Leroy - Eidola, 2015Bonjour madame ! - Delphine Rieu, Julie Gore et Nicolas Leroy - Eidola, 2015

Un extra-terrestre débarque sur notre planète pour découvrir ce qui différencie les filles des garçons. Mais il ne constate que des exemples contraires à ce qu'on lui dit. Jusqu'au jour où un lutteur mexicain lui explique... Un supplément sur le corps humain vient compléter l’histoire.

 

Une histoire drôle pour lutter contre les stéréotypes du genre, à partir de 5 ans.
Découvrez l’interview des autrices ainsi qu’une fiche pédagogique à télécharger proposant des séances adaptées aux enfants de CM1-CM2.

  

La ligue des super féministes de Mirion Malle - La ville brûle, 2019La ligue des super féministes de Mirion Malle - La ville brûle, 2019

La ligue des super féministes est la première BD jeunesse réellement féministe. Elle s’adresse aux enfants dès 10 ans et aborde des thèmes inédits en jeunesse : la représentation, le sexisme, le consentement, le corps des filles, les notions de genre et d’identité sexuelle...

 

Les chapitres sont complétés par des pages d’outils théoriques indispensables à tout âge (argumentaires, test de Bechdel...) qui font de cette BD un véritable petit guide d’autodéfense féministe, salutaire à l’âge où s’installent les stéréotypes sexistes.

 

Tu peux de Elise GravelElise Gravel, auteure et illustratrice :

Elise Gravel met à disposition sur son site internet des outils gratuits à destination des parents, enseignants, bibliothécaires pour expliquer aux enfants que leurs goûts, centre d’intérêts, émotions et sentiments ne doivent pas être dictés par leur genre.

 

Vous retrouverez à télécharger et à imprimer sa BD « Tu peux » et ses affiches « Les filles peuvent… », « Les garçons peuvent… », « Tout le monde peut aimer… », « Tous les sentiments sont pour tout le monde » et  « Les garçons ont des émotions ».